{"id":9973,"date":"2025-11-08T13:39:01","date_gmt":"2025-11-08T12:39:01","guid":{"rendered":"https:\/\/constanceluzzati.com\/?p=9973"},"modified":"2025-11-08T13:39:03","modified_gmt":"2025-11-08T12:39:03","slug":"louis-couperin-clavecin-baroque-francais","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/constanceluzzati.com\/index.php\/2025\/11\/08\/louis-couperin-clavecin-baroque-francais\/","title":{"rendered":"Le clavecin de Louis Couperin : un art libre"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-uagb-image uagb-block-4fc51e62 wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none\"><figure class=\"wp-block-uagb-image__figure\"><img decoding=\"async\" srcset=\"https:\/\/constanceluzzati.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Jean-Rondeau-by-Clement-Vayssieres-4-1024x405.jpeg ,https:\/\/constanceluzzati.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Jean-Rondeau-by-Clement-Vayssieres-4.jpeg 780w, https:\/\/constanceluzzati.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Jean-Rondeau-by-Clement-Vayssieres-4.jpeg 360w\" sizes=\"(max-width: 480px) 150px\" src=\"https:\/\/constanceluzzati.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Jean-Rondeau-by-Clement-Vayssieres-4-1024x405.jpeg\" alt=\"\" class=\"uag-image-9997\" width=\"1600\" height=\"633\" title=\"Jean-Rondeau-by-Clement-Vayssieres-4\" loading=\"lazy\" role=\"img\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:30px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-cefdd974\"><h4 class=\"uagb-heading-text\">Louis Couperin claveciniste<\/h4><\/div>\n\n\n\n<p>Aussi bon violiste qu\u2019organiste et claveciniste, Louis Couperin a compos\u00e9 pour les trois instruments, mais c\u2019est de loin le r\u00e9pertoire de clavecin qui domine dans la production parvenue jusqu\u2019\u00e0 nous. Il est souvent compar\u00e9 \u00e0 Chambonni\u00e8res, son a\u00een\u00e9 d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration, qui semble l\u2019avoir introduit dans les c\u00e9nacles musicaux parisiens. <a href=\"https:\/\/gallica.bnf.fr\/ark:\/12148\/bpt6k1041669n\/f543.item\">Titon du Tillet<\/a>, soixante-dix ans apr\u00e8s la mort de Louis Couperin, propose une belle histoire\u00a0qui magnifie les qualit\u00e9s musicales et humaines de son sujet : la place d\u2019ordinaire de la musique de chambre du roi aurait \u00e9t\u00e9 propos\u00e9e \u00e0 Couperin apr\u00e8s le retrait de Chambonni\u00e8res, en 1656 ou 1657, au motif qu\u2019il ne voulait pas accompagner avec la basse continue. Couperin l\u2019aurait refus\u00e9e par loyaut\u00e9 envers son mentor. Monsieur Gallois, dans sa <em>Lettre touchant la Musique<\/em> (1680), compare \u00e9galement Couperin \u00e0 Chambonni\u00e8res, mettant Couperin du c\u00f4t\u00e9 de ceux qui touchent l\u2019oreille avant le c\u0153ur\u00a0:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab\u00a0Comme il y a divers styles dans l\u2019Eloquence qu\u2019on peut prattiquer, [&#8230;] je crois aussi qu\u2019il y a dans la musique differentes methodes, dont on peut se servir sans la choquer. Et c\u2019est dequoy nous avons un bel exemple dans les personnes de Chambonniere &amp; de Couperin, [&#8230;] tout deux ayent eu cela de commun que d\u2019exceller dans leur Art, [&#8230;] il est certain neanmoins qu\u2019ils avoient deux jeux dont les differens caracteres ont donn\u00e9 lieu de dire que l\u2019un touchoit le coeur, &amp; l\u2019autre touchoit l\u2019oreille\u00a0; c\u2019est \u00e0 dire en un mot qu\u2019ils plaisoient, mais qu\u2019ils plaisoient diversement, \u00e0 cause des differentes beautez de leurs manieres de jo\u00fcer.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Ce qui est certain, c\u2019est que Louis Couperin est organiste en poste \u00e0 Saint-Gervais \u00e0 partir de 1653, et qu\u2019il y assure un nombre cons\u00e9quent de messes par an. Sa musique pour orgue est plus conventionnelle que son extraordinaire musique pour clavecin, au point que certains ont imagin\u00e9 que le m\u00eame homme ne pouvant \u00eatre l\u2019auteur des deux&nbsp;! On a \u00e9t\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 supposer que son fr\u00e8re pouvait \u00eatre l\u2019auteur des pi\u00e8ces de clavecin, hypoth\u00e8se qui a depuis lors \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9c\u00e9d\u00e9 soudainement \u00e0 35 ans, 200 de ses \u0153uvres, laiss\u00e9es \u00e0 sa disparition aux bons soins de ses fr\u00e8res, nous sont parvenues. Celles pour clavecin sont d\u2019une inventivit\u00e9 harmonique et d\u2019une libert\u00e9 de courbes inou\u00efes, comme le remarque Gallois\u00a0: Louis Couperin a \u00ab\u00a0excell\u00e9 par la composition, c\u2019est \u00e0 dire par ses doctes recherches. Et cette maniere de jo\u00fcer a est\u00e9 estim\u00e9e par les personnes s\u00e7avantes, \u00e0 cause qu\u2019elle est pleine d\u2019accords, &amp; enrichie de belles dissonances, de dessein, &amp; d\u2019imitations.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:30px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-d5910b66\"><h4 class=\"uagb-heading-text\"><strong>Des chemins manuscrits<\/strong><\/h4><\/div>\n\n\n\n<p>L\u2019id\u00e9e que l\u2019on se fait d\u2019un compositeur des si\u00e8cles pass\u00e9s d\u00e9pend pour partie de ce qu\u2019il a \u00e9crit&#8230; et pour beaucoup de ce qui lui a surv\u00e9cu. Il faut de la notori\u00e9t\u00e9 et un appui institutionnel ou financier pour faire publier ses \u0153uvres au XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle&nbsp;: le grand clavi\u00e9riste romain Frescobaldi en a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 pour faire graver ses \u0153uvres de clavecin, \u00c9lisabeth Jacquet de La Guerre et Lully \u00e9taient soutenus par Louis XIV, tandis que le neveu de Louis Couperin, Fran\u00e7ois, a commenc\u00e9 \u00e0 faire publier ses c\u00e9l\u00e8bres pi\u00e8ces de clavecin \u00e0 un \u00e2ge o\u00f9 son oncle n\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 plus. Louis n\u2019a donc pas eu la possibilit\u00e9 de faire imprimer, ni celle de superviser une copie tr\u00e8s compl\u00e8te et soign\u00e9e de son \u0153uvre, comme l\u2019avait fait Guillaume de Machaut au XIV<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, ou comme le copiera lui-m\u00eame Marc-Antoine Charpentier quelques d\u00e9cennies plus tard.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est par le truchement de plusieurs manuscrits r\u00e9alis\u00e9s par des tiers que la musique de Louis Couperin est heureusement arriv\u00e9e \u00e0 nous. Parmi ceux-ci, le <a href=\"https:\/\/imslp.org\/wiki\/Bauyn_Manuscript%2C_F-Pn_R%C3%A9s._Vm7_674-675_(Various)\">manuscrit Bauyn<\/a> tient la toute premi\u00e8re place. Un tiers de celui-ci est consacr\u00e9 \u00e0 124 pi\u00e8ces de clavecin de Couperin, copi\u00e9es avec soin. Elles sont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9es par les pi\u00e8ces de Chambonni\u00e8res et suivies par celles de divers compositeurs de leur g\u00e9n\u00e9ration ou les ayant pr\u00e9c\u00e9d\u00e9s de peu, comme Froberger et <a href=\"https:\/\/constanceluzzati.com\/index.php\/2019\/04\/03\/frescobaldi-cento-partite-sopra-passacagli\/\">Frescobaldi<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-uagb-image uagb-block-f163aa40 wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none\"><figure class=\"wp-block-uagb-image__figure\"><img decoding=\"async\" srcset=\"https:\/\/constanceluzzati.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Bauyn-unmeasured.jpeg ,https:\/\/constanceluzzati.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Bauyn-unmeasured.jpeg 780w, https:\/\/constanceluzzati.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Bauyn-unmeasured.jpeg 360w\" sizes=\"(max-width: 480px) 150px\" src=\"https:\/\/constanceluzzati.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Bauyn-unmeasured.jpeg\" alt=\"\" class=\"uag-image-9974\" width=\"500\" height=\"398\" title=\"Bauyn-unmeasured\" loading=\"lazy\" role=\"img\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Le manuscrit reste en partie un myst\u00e8re\u00a0: on ne sait pas qui l\u2019a copi\u00e9, ni quand il a \u00e9t\u00e9 copi\u00e9. Il contient quelques dates et des armoiries, qui donnent des indications pr\u00e9cieuses mais ne suffisent pas pour lever toutes les interrogations. On a longtemps voulu croire qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 copi\u00e9 par un proche de Couperin, un de ses fr\u00e8res peut-\u00eatre, qui aurait eu un acc\u00e8s direct aux manuscrits autographes, juste apr\u00e8s la mort du compositeur. \u00c9tant donn\u00e9 qu\u2019il ne contient que de la musique compos\u00e9e avant 1660, le r\u00e9pertoire rendait cette s\u00e9duisante id\u00e9e tout \u00e0 fait possible. On a depuis analys\u00e9 le papier, produit par une fabrique ouverte quinze ans plus tard, ce qui fait in\u00e9vitablement tomber cette hypoth\u00e8se. Il y a cependant peut-\u00eatre bien eu une copie tr\u00e8s proche de Couperin dans les ann\u00e9es 1660, dont Bauyn serait la copie une vingtaine d\u2019ann\u00e9es plus tard.<\/p>\n\n\n\n<p>Une cinquantaine de pi\u00e8ces se trouvent, la plupart en doublon, dans un autre manuscrit (Parville)&nbsp;: l\u2019interpr\u00e8te se retrouve alors \u00e0 devoir choisir lorsqu\u2019il interpr\u00e8te telle Allemande ou telle Sarabande, entre les variantes des diff\u00e9rents manuscrits. Se confronter \u00e0 l\u2019int\u00e9grale rend passionnant ce travail men\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la totalit\u00e9 des \u0153uvres connues, offrant \u00e0 l\u2019interpr\u00e8te une sensibilit\u00e9 in\u00e9gal\u00e9e \u00e0 ce qu\u2019impliquent ses choix de version.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:30px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-ed069301\"><h4 class=\"uagb-heading-text\"><strong>\u00c0 l\u2019imitation de Froberger<\/strong><\/h4><\/div>\n\n\n\n<p>Il est tr\u00e8s probable que Louis Couperin et Johann Jacob Froberger se soient rencontr\u00e9s lors du passage de ce dernier \u00e0 Paris. Il est \u00e9vident qu\u2019il connaissait la musique de Froberger, tant ses pr\u00e9ludes sont marqu\u00e9s par le style des <em>Toccatas<\/em> de ce dernier. L\u2019\u00e9criture en est \u00e0 la fois tr\u00e8s libre et tr\u00e8s idiomatique du clavecin. <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-uagb-container uagb-block-07407ebc alignfull uagb-is-root-container\"><div class=\"uagb-container-inner-blocks-wrap\">\n<div class=\"wp-block-uagb-container uagb-block-fb07f171\">\n<p>Le <em>Pr\u00e9lude<\/em> 6 de Couperin, explicitement intitul\u00e9\u00a0<em>Pr\u00e9lude \u00e0 l\u2019imitation de Mr Froberger<\/em> dans le manuscrit Parville, pr\u00e9sente de fortes similitudes avec l\u2019une des toccatas figurant dans un beau manuscrit offert \u00e0 l\u2019Empereur : le <em>Libro secondo di toccate, fantasie, canzone, allemande, courante, sarabande, gigue et altre partite<\/em> (1649). Bien que non d\u00e9sign\u00e9 comme tel, le <em>Pr\u00e9lude<\/em> 13 pr\u00e9sente lui aussi des analogies avec quelques mesures d\u2019une <em>Toccata quinta da sonarsi alla levatione<\/em> de son coll\u00e8gue germanique.<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-uagb-container uagb-block-a1f0ac6e\">\n<div class=\"wp-block-uagb-image uagb-block-f68a1580 wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none\"><figure class=\"wp-block-uagb-image__figure\"><img decoding=\"async\" srcset=\"https:\/\/constanceluzzati.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/johann-jakob-froberger-c1616.jpeg ,https:\/\/constanceluzzati.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/johann-jakob-froberger-c1616.jpeg 780w, https:\/\/constanceluzzati.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/johann-jakob-froberger-c1616.jpeg 360w\" sizes=\"(max-width: 480px) 150px\" src=\"https:\/\/constanceluzzati.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/johann-jakob-froberger-c1616.jpeg\" alt=\"\" class=\"uag-image-9975\" width=\"888\" height=\"559\" title=\"johann-jakob-froberger-c1616\" loading=\"lazy\" role=\"img\"\/><\/figure><\/div>\n<\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p>Le <em>Pr\u00e9lude \u00e0 l\u2019imitation de Froberger<\/em> d\u00e9ploie ainsi une \u00e9criture tr\u00e8s libre, riche en arp\u00e8ges bris\u00e9s, appogiatur\u00e9s de mani\u00e8re tr\u00e8s color\u00e9e, en gammes \u00ab&nbsp;fus\u00e9es&nbsp;\u00bb. Les progressions et les suspensions sont, comme chez Froberger, pleines de surprises. L\u2019auditeur est sans cesse saisi par l\u2019\u00e9tonnement, par quelques torsions grin\u00e7antes, qui forment comme des angles dans cette musique dont la premi\u00e8re et la derni\u00e8re partie sonnent \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019improvisations. La partie centrale, mesur\u00e9e, fait entendre une \u00e9criture o\u00f9 les voix s\u2019imitent les unes les autres sur un m\u00eame motif, comme c\u2019est le cas dans les <em>Toccate<\/em> de Froberger&#8230; et dans les ouvertures de musique fran\u00e7aise.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<div class=\"ast-oembed-container \" style=\"height: 100%;\"><iframe loading=\"lazy\" title=\"Suite in A Minor: I. Pr\u00e9lude \u00e0 l&#039;imitation de Froberger\" width=\"500\" height=\"375\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/DKguuuEgjeQ?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe><\/div>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:30px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-22be7b13\"><h4 class=\"uagb-heading-text\"><strong>Tombeaux<\/strong><\/h4><\/div>\n\n\n\n<p>Un autre des points de rencontre des deux compositeurs semble \u00eatre le luthiste Blancrocher, disparu soudainement, auquel ils ont d\u00e9di\u00e9 chacun un Tombeau. Il semble m\u00eame que Froberger, alors \u00e0 Paris, se soit trouv\u00e9 avec le c\u00e9l\u00e8bre luthiste au moment de sa chute fatale. Un t\u00e9moignage contemporain d\u00e9crit ainsi la sc\u00e8ne dramatique : \u00ab&nbsp;Monsieur Blancheroche, fameux cithar\u00e8de parisien, excellent ami du sieur Froberger, alors qu\u2019apr\u00e8s le d\u00eener de la Demoiselle de S. Thomas il se promenait dans le jardin royal ave le Sieur Froberger, et qu\u2019ayant quelque chose \u00e0 faire, s\u2019en retournant chez lui, il montait un escalier&nbsp;; de l\u00e0, il fit une chute grace au point qu\u2019il dut \u00eatre transport\u00e9 dans son lit par sa femme, son fils et d\u2019autres personnes. Le sieur Froberger, voyant le danger, courut chercher un m\u00e9decin.&nbsp;\u00bb Le musicien ne surv\u00e9cut pas \u00e0 sa chute, et tant Froberger que Louis Couperin lui consacr\u00e8rent un Tombeau.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est d\u2019ailleurs Froberger qui emprunte ici \u00e0 une tradition fran\u00e7aise&nbsp;: les Tombeaux \u00e9taient \u00e0 l\u2019origine des po\u00e8mes ou des recueils de po\u00e8mes comm\u00e9morant la mort de personnalit\u00e9s politiques ou d\u2019artistes, comme Ronsard. L\u2019un des premiers Tombeaux musicaux est ainsi celui d\u2019Ennemond Gaultier d\u00e9di\u00e9 au luthiste M\u00e9sangeau, mort en 1638. C\u2019est aussi la plus ancienne des pi\u00e8ces de cette int\u00e9grale.<\/p>\n\n\n\n<p>Il n\u2019y a rien d\u2019\u00e9trange \u00e0 jouer la musique de luth au clavecin, pratique largement attest\u00e9e par les transcriptions r\u00e9alis\u00e9es par D\u2019Anglebert de Gaultier comme M\u00e9sangeau, et une centaine d\u2019autres pi\u00e8ces similaires. Ce sont en effet les luthistes qui ont produit le plus large corpus de Tombeaux, d\u00e9veloppant dans ces pi\u00e8ces des figures musicales proches du soupir, que l\u2019on retrouve aussi dans le <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=TEwBISuwbCQ\">Tombeau<\/a> que Froberger d\u00e9die au luthiste Blancrocher. Il exploite dans cette \u0153uvre la tessiture la plus grave du clavecin, ce qui assombrit un discours musical d\u00e9j\u00e0 puissant, riche en incongruit\u00e9s harmoniques, en chromatismes tendus, en notes p\u00e9dales qui sonnent comme un glas, en disruptions saisissantes. La pi\u00e8ce s\u2019ach\u00e8ve sur une figure descendante, image sonore de la chute fatale du luthiste.<\/p>\n\n\n\n<p>Louis Couperin n\u2019a pas, comme Froberger, de go\u00fbt pour les programmes musicaux susceptibles de repr\u00e9senter en sons des moments de vie. Le <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=aY6-sCuOaEA\">Tombeau<\/a> qu\u2019il d\u00e9die \u00e0 Blancrocher est plus suspendu que chromatique, plus apais\u00e9. Les trois notes qui pr\u00e9c\u00e8dent chaque accord \u00e9voquent cependant le soupir. La deuxi\u00e8me partie, plus tortur\u00e9e, fait ressortir quelques tr\u00e8s belles dissonances, et certains passages constituent une \u00e9vocation tr\u00e8s directe de l\u2019\u00e9criture du luth. Elle comporte un moment tr\u00e8s \u00e9trange en oscillations, kairos de la pi\u00e8ce, bref mais tr\u00e8s intense.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<div class=\"ast-oembed-container \" style=\"height: 100%;\"><iframe loading=\"lazy\" title=\"Louis Couperin - Pavane en fa# mineur - Chlo\u00e9 de Guillebon\" width=\"500\" height=\"281\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/wDM1ihr-H18?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe><\/div>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p>L\u2019extraordinaire <em>Pavane<\/em> en <em>fa#<\/em> mineur n\u2019est pas un Tombeau au sens propre mais son \u00e9criture s\u2019en rapproche&nbsp;: elle est harmoniquement plus \u00e9tonnante encore, dans le grave, elle fait entendre ses basses qui sonnent comme des glas. Toute en suspensions, en gestes qui figurent les soupirs, sa polyphonie et sa libert\u00e9 n\u2019ont rien \u00e0 envier aux pr\u00e9ludes les plus improvisatoires. Compos\u00e9e dans une tonalit\u00e9 tr\u00e8s inhabituelle, c\u2019est l\u2019un des grands chefs-d\u2019\u0153uvre du corpus.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-2030f691\"><h4 class=\"uagb-heading-text\"><strong>Un luth dans un clavecin<\/strong><\/h4><\/div>\n\n\n\n<p>Il n\u2019y a pas que dans les Tombeaux que le luth se fait inspirateur du clavecin. C\u2019est un peu partout qu\u2019il distille son influence sur l\u2019\u00e9criture pour clavier. C\u2019est une influence \u00e0 sens unique&nbsp;: si une centaine d\u2019adaptations de pi\u00e8ces de luth pour clavecin sont arriv\u00e9es jusqu\u2019\u00e0 nous, seulement six pi\u00e8ces ont fait le trajet inverse. On retrouve des traits qui font penser au jeu du luth dans nombre de pi\u00e8ces qui ne sont pas des hommages \u00e0 des luthistes ni des transcriptions.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019influence du luth s\u2019entend tout particuli\u00e8rement dans la pavane, les sarabandes et les chaconnes de Louis Couperin, \u00e0 travers ce que l\u2019on nomme volontiers le style bris\u00e9, qui n\u2019est pas une imitation servile du jeu du luth mais qui, inspir\u00e9 par celui-ci, devient l\u2019un des principaux atouts expressifs du clavecin. Ce que l\u2019on appelle \u00ab&nbsp;style bris\u00e9&nbsp;\u00bb consiste \u00e0 faire entendre les harmonies de fa\u00e7on \u00e9tal\u00e9e, en laissant les doigts enfonc\u00e9s sur les touches pour lier les sons entre eux. Elle se d\u00e9ploie de fa\u00e7on plus claire chez la g\u00e9n\u00e9ration qui suit celle de Louis Couperin, qui l\u2019emploie dans environ la moiti\u00e9 de ses sarabandes ou dans certains passages de ses chaconnes.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le \u00ab\u00a0style bris\u00e9\u00a0\u00bb n\u2019est donc jamais employ\u00e9 de fa\u00e7on extensive, sur l\u2019ensemble d\u2019une pi\u00e8ce, comme cela le sera plus tard, par exemple dans les c\u00e9l\u00e8bres <em><a href=\"https:\/\/www.google.com\/search?q=baricades+mist%C3%A9rieuses+luzzati&amp;rlz=1C5CHFA_enFR934FR939&amp;oq=baricades+mist%C3%A9rieuses+luzzati&amp;aqs=chrome..69i57j33i160l4.4284j0j4&amp;sourceid=chrome&amp;ie=UTF-8#fpstate=ive&amp;vld=cid:848a7179,vid:vg5S9IVWVhc,st:0\">Baricades mist\u00e9rieuses<\/a><\/em> de Fran\u00e7ois Couperin. Il s\u2019agit plut\u00f4t de brefs moments, souvent la seconde partie des sarabandes, o\u00f9 la polyphonie s\u2019\u00e9tale et se d\u00e9synchronise subtilement, comme dans les tr\u00e8s belles <em>Sarabandes <\/em>107 et 108 en <em>la<\/em> mineur. Certaines de ces sarabandes allient ce souvenir du luth avec des lignes chromatiques, directes ou retourn\u00e9es, de toute beaut\u00e9, comme c\u2019est le cas de la <em>Sarabande<\/em> 51 en <em>r\u00e9<\/em> mineur. L\u2019\u00e9vocation du luth peut se deviner, en filigrane, de mani\u00e8re plus originale comme dans la <a href=\"https:\/\/www.google.com\/search?q=chaconne+89+couperin&amp;rlz=1C5CHFA_enFR934FR939&amp;oq=chaconne+89+couperin&amp;aqs=chrome..69i57j33i160j33i671l2.6892j0j9&amp;sourceid=chrome&amp;ie=UTF-8#fpstate=ive&amp;vld=cid:b1250ac2,vid:bEp5Pz3S9rQ,st:0\"><em>Chaconne<\/em> 89<\/a>. Son \u00e9criture en notes r\u00e9p\u00e9t\u00e9es n\u2019est en rien caract\u00e9ristique du clavecin, tandis qu\u2019au luth, elle s\u2019av\u00e9rerait tout \u00e0 fait naturelle.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<div class=\"ast-oembed-container \" style=\"height: 100%;\"><iframe loading=\"lazy\" title=\"Suite en r\u00e9: VII. Sarabande, G. 51\" width=\"500\" height=\"375\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/jPQS9eyCa1k?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe><\/div>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:30px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-fbc56594\"><h4 class=\"uagb-heading-text\"><strong>L\u2019art de pr\u00e9luder<\/strong><\/h4><\/div>\n\n\n\n<p>Les pr\u00e9ludes de Louis Couperin sont le t\u00e9moignage \u00e9crit d\u2019une pratique qui, au XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, existait sans \u00eatre not\u00e9e. Il n\u2019est cependant pas le premier \u00e0 avoir mis par \u00e9crit des pr\u00e9ludes&nbsp;: il existe ceux de Titelouze pour orgue et peu apr\u00e8s lui seront imprim\u00e9s ceux du <em>Livre d\u2019orgue<\/em> de Nivers. Mais les pr\u00e9ludes de Couperin s\u2019en distinguent&nbsp;: ils sont stylistiquement proches des toccatas de Froberger, avec leurs figures arp\u00e9g\u00e9es, leurs grands traits, leurs oscillations en trilles \u2013 autant d\u2019\u00e9l\u00e9ments que l\u2019on trouve chez les deux compositeurs. Ils sont pens\u00e9s pour \u00eatre jou\u00e9s \u00ab&nbsp;avant&nbsp;\u00bb, pour pr\u00e9luder \u00e0 ce qui suit, pour installer une tonalit\u00e9 et mettre l\u2019auditeur en disposition d\u2019\u00e9coute. Les pr\u00e9ludes de Couperin peuvent \u00eatre con\u00e7us selon trois sch\u00e9mas&nbsp;: certains se pr\u00e9sentent en une seule grande partie en style improvis\u00e9, d\u2019autres comportent deux sections, la premi\u00e8re de style improvis\u00e9 et une seconde en polyphonie fugu\u00e9e, d\u2019autres encore ajoutent un retour \u00e0 l\u2019\u00e9criture libre apr\u00e8s la partie fugu\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<div class=\"ast-oembed-container \" style=\"height: 100%;\"><iframe loading=\"lazy\" title=\"Jean Rondeau \u2013 Prelude by Louis Couperin (The Complete Works)\" width=\"500\" height=\"281\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/v1D9QcI8rkA?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe><\/div>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p>Bien que les moments en \u00e9criture fugu\u00e9e soient d\u2019une grande richesse polyphonique, ce sont les parties de style improvis\u00e9 qui ont fait la renomm\u00e9e de ces pr\u00e9ludes. Les rythmes ne sont pas indiqu\u00e9s\u00a0: toutes les hauteurs sont not\u00e9es sans distinction de valeurs (ni blanches, ni noires, ni croches), de sorte qu\u2019il ne faut pas chercher \u00e0 les enfermer dans un cadre m\u00e9trique. Le c\u00e9l\u00e8bre neveu de Louis Couperin, Fran\u00e7ois, lorsqu\u2019il choisit de publier ses propres pr\u00e9ludes mesur\u00e9s, c\u2019est-\u00e0-dire rythm\u00e9s, plus de cinquante ans plus tard, s\u2019en explique longuement tant cela ne va pas de soi\u00a0: <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Quoy que ces Pr\u00e9ludes soient \u00e9crits mesur\u00e9s, il y a cependant un go\u00fbt d\u2019usage qu\u2019il faut Suivre, Je m\u2019explique. Pr\u00e9lude, est une composition libre, o\u00f9 l\u2019imagination se livre a tout ce qui se pr\u00e8sente \u00e0 elle. Mais, comme il est ass\u00e9s rare de trouver des genies capables de produire dans l\u2019instant, il faut que ceux qui auront recours \u00e0 ces Pr\u00e9ludes-r\u00e9gl\u00e9s, les joiient d\u2019une maniere ais\u00e9e sans trop s\u2019attacher a la pr\u00e9cision des mouvemens&nbsp;; a moins que je ne l\u2019aye marqu\u00e9 expr\u00e9s par le mode Mesur\u00e9. Ainsi, on peut hasarder de dire, que dans beaucoup de choses, la Musique (par comparaison \u00e0 la Po\u00e9sie) a sa prose, et ses vers.&nbsp;Une des raisons pour laquelle j\u2019ai mesur\u00e9 ces Pr\u00e9ludes, ca \u00e9t\u00e9 la facilit\u00e9 qu\u2019on trouvera, soit \u00e0 les enseigner, ou a les apprendre.&nbsp;\u00bb (1717)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-uagb-container uagb-block-4386fff1 alignfull uagb-is-root-container\"><div class=\"uagb-container-inner-blocks-wrap\">\n<div class=\"wp-block-uagb-container uagb-block-289b56d7\">\n<div class=\"wp-block-uagb-image uagb-block-d7a262ba wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none\"><figure class=\"wp-block-uagb-image__figure\"><img decoding=\"async\" srcset=\"https:\/\/constanceluzzati.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Pieces_de_clavecin_de_differents_.Couperin_Louis_btv1b55008165j_44-645x1024.jpeg ,https:\/\/constanceluzzati.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Pieces_de_clavecin_de_differents_.Couperin_Louis_btv1b55008165j_44.jpeg 780w, https:\/\/constanceluzzati.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Pieces_de_clavecin_de_differents_.Couperin_Louis_btv1b55008165j_44.jpeg 360w\" sizes=\"(max-width: 480px) 150px\" src=\"https:\/\/constanceluzzati.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Pieces_de_clavecin_de_differents_.Couperin_Louis_btv1b55008165j_44-645x1024.jpeg\" alt=\"\" class=\"uag-image-10003\" width=\"987\" height=\"1566\" title=\"[Pie\u0300ces_de_clavecin_de_diffe\u0301rents_[...]Couperin_Louis_btv1b55008165j_44\" loading=\"lazy\" role=\"img\"\/><\/figure><\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-uagb-container uagb-block-a1ee95ad\">\n<p>Les grandes liaisons et tenues semblent \u00eatre une notation particuli\u00e8re \u00e0 Louis Couperin \u2013 d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sente au luth avant lui, mais in\u00e9dite au clavecin. Offrant des indications d\u2019interpr\u00e9tation et de geste, elles sont d\u2019une grande vari\u00e9t\u00e9 et d\u2019une grande richesse. Certaines sont des liaisons harmoniques invitant \u00e0 laisser les doigts enfonc\u00e9s pour que les sons se m\u00ealent, comme le d\u00e9crit Saint-Lambert dans ses <em>Pincipes du clavecin<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0On joue toutes les notes que la liaison embrasse&#8230; on garde toutes ces notes apr\u00e8s les avoir touch\u00e9es, quoique leur valeur soit expir\u00e9e et on ne les l\u00e2che que lorsqu\u2019il est temps de l\u00e2cher la derni\u00e8re\u00a0\u00bb. D\u2019autres, plus courtes, dessinent l\u2019articulation. Couperin les entrem\u00eale, formant un v\u00e9ritable emboitement d\u2019arches et de courbes qui se substitue \u00e0 la notation mesur\u00e9e.<\/p>\n<\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p>C\u2019est surtout de l\u2019harmonie que se d\u00e9duit la mani\u00e8re de rapprocher ou \u00e9loigner les sons, de g\u00e9rer les tensions et les d\u00e9tentes, les directions et les respirations. Le travail d\u2019interpr\u00e9tation n\u00e9cessaire pour le jeu de ces pr\u00e9ludes constitue l\u2019un des aspects les plus passionnants du clavecin de Louis Couperin.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-7e507177\"><h4 class=\"uagb-heading-text\"><strong>Souvenirs de pas de danse<\/strong><\/h4><\/div>\n\n\n\n<p>\u00c0 la lecture des programmes de ces concerts, on pourrait imaginer que l\u2019interpr\u00e8te n\u2019a qu\u2019\u00e0 jouer les suites de danse comme elles se pr\u00e9sentent, ainsi que ce serait le cas pour une \u0153uvre du d\u00e9but du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. C\u2019est en r\u00e9alit\u00e9 en grande partie \u00e0 l\u2019interpr\u00e8te de construire ces suites, choisissant l\u2019agencement des danses, non seulement dans leur ordre, mais aussi dans leur nature&nbsp;: le choix des pi\u00e8ces qui constituent les suites en <em>do<\/em> du deuxi\u00e8me ou du quatri\u00e8me concert est par exemple enti\u00e8rement le fait du claveciniste.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-uagb-container uagb-block-066f8faf alignfull uagb-is-root-container\"><div class=\"uagb-container-inner-blocks-wrap\">\n<div class=\"wp-block-uagb-container uagb-block-be3f51af\">\n<p>Nous n\u2019avons pas de trace indiquant que Louis Couperin avait regroup\u00e9 les pi\u00e8ces de danse qu\u2019il a compos\u00e9es en suites \u2013 ce qui ne veut pas dire qu\u2019il ne les a pas jou\u00e9es ainsi. Dans le manuscrit Bauyn, les pr\u00e9ludes sont regroup\u00e9s distinctement du reste, puis les pi\u00e8ces de danse sont rassembl\u00e9es selon des tonalit\u00e9s ascendantes. On d\u00e9bute ainsi par les pi\u00e8ces en <em>do<\/em>, puis par celles en <em>r\u00e9<\/em>&#8230; qui sont si nombreuses qu\u2019il y a de quoi constituer plusieurs suites dans chaque ensemble. Les danses de m\u00eame nature sont copi\u00e9es \u00e0 la suite, ce qui indique bien que ce n\u2019est pas un ordre d\u2019ex\u00e9cution \u2013 jouer quatre ou cinq courantes d\u2019affil\u00e9e manquerait de contraste, m\u00eame si leur \u00e9criture est tr\u00e8s vari\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-uagb-container uagb-block-e3272349\">\n<div class=\"wp-block-uagb-image uagb-block-ac8d0f02 wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none\"><figure class=\"wp-block-uagb-image__figure\"><img decoding=\"async\" srcset=\"https:\/\/constanceluzzati.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Pieces_de_clavecin_de_differents_.Couperin_Louis_btv1b55008165j_112-645x1024.jpeg ,https:\/\/constanceluzzati.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Pieces_de_clavecin_de_differents_.Couperin_Louis_btv1b55008165j_112.jpeg 780w, https:\/\/constanceluzzati.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Pieces_de_clavecin_de_differents_.Couperin_Louis_btv1b55008165j_112.jpeg 360w\" sizes=\"(max-width: 480px) 150px\" src=\"https:\/\/constanceluzzati.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Pieces_de_clavecin_de_differents_.Couperin_Louis_btv1b55008165j_112-645x1024.jpeg\" alt=\"\" class=\"uag-image-10002\" width=\"987\" height=\"1566\" title=\"[Pie\u0300ces_de_clavecin_de_diffe\u0301rents_[...]Couperin_Louis_btv1b55008165j_112\" loading=\"lazy\" role=\"img\"\/><\/figure><\/div>\n<\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p>L\u2019ordre dans lequel elles sont pr\u00e9sent\u00e9es est le plus souvent allemande, courante, sarabande, gigue ou gaillarde, chaconne ou passacaille. Cela donne une direction pour les choix de l\u2019interpr\u00e8te sans pour autant l\u2019y enfermer. L\u2019ordre des pi\u00e8ces de la suite de danse n\u2019est pas fig\u00e9, et quelqu\u2019un comme Froberger, qui passe pour l\u2019un des \u00ab\u00a0inventeurs\u00a0\u00bb de la suite, pr\u00e9f\u00e8re jouer la gigue avant la courante. Son ordonnancement en \u00ab\u00a0allemande, gigue, courante, sarabande\u00a0\u00bb, qui ne sera pas repris par ses successeurs, invite cependant \u00e0 consid\u00e9rer avec souplesse les successions possibles des pi\u00e8ces de danse.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le cadre d\u2019une int\u00e9grale, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il y a bien plus de courantes et de sarabandes qu\u2019il n\u2019y a d\u2019allemandes, pi\u00e8ces essentielles pour ouvrir une suite, ou de chaconnes, qui les referment magnifiquement, il faut bien imaginer de quelle fa\u00e7on entrelacer plusieurs de ces danses \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une m\u00eame suite.<\/p>\n\n\n\n<p>Les danses qui se succ\u00e8dent ne sont plus faites pour \u00eatre dans\u00e9es mais bien pour \u00eatre \u00e9cout\u00e9es. La conduite m\u00e9lodique de certaines d\u2019entre elles, notamment des allemandes, fait davantage penser aux lignes vocales des airs de cour de Lambert qu\u2019aux pas que l\u2019on pourrait placer dessus. L\u2019aspect m\u00e9lodique n\u2019est cependant pas ce qui domine chez Louis Couperin, dont la surprise et la vari\u00e9t\u00e9 constituent les points essentiels du langage. Les phrases, de longueur irr\u00e9guli\u00e8re, sont pleines d\u2019harmonies qui \u00e9tonnent et d\u2019irr\u00e9gularit\u00e9s rythmiques.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-b9fe8dd6\"><h4 class=\"uagb-heading-text\"><strong>L\u2019\u00e9loquence des affects<\/strong><\/h4><\/div>\n\n\n\n<p>Les Fran\u00e7ais se sont beaucoup exprim\u00e9s sur la question du \u00ab&nbsp;bon go\u00fbt&nbsp;\u00bb avec lequel jouer, tandis que ce sont surtout les Italiens qui, au XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, ont fait de l\u2019expression des affects le fer de lance de leur rh\u00e9torique musicale. Pourtant, c\u2019est bien cette mobilit\u00e9 extr\u00eame des affects qui saisit l\u2019auditeur \u00e0 l\u2019\u00e9coute des pi\u00e8ces de Louis Couperin.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<div class=\"ast-oembed-container \" style=\"height: 100%;\"><iframe loading=\"lazy\" title=\"Louis Couperin : Passacaille en sol mineur (Cl\u00e9ment Geoffroy)\" width=\"500\" height=\"281\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/XtyzvyE_BuI?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe><\/div>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p>Les harmonies sont tr\u00e8s riches, surprenantes, et le clavecin sonne parfois de fa\u00e7on presque rude. C\u2019est que Louis Couperin est audacieux, n\u2019h\u00e9sitant pas \u00e0 faire entendre un <em>mi<\/em> b\u00e9mol et un <em>r\u00e9<\/em> di\u00e8se dans la m\u00eame pi\u00e8ce (la <em>Passacaille<\/em> 98 en <em>sol<\/em> mineur). Sur un clavier de piano o\u00f9 tous les demi-tons sont \u00e9gaux, ce serait un non-\u00e9v\u00e9nement, mais sur un clavecin accord\u00e9 \u00e0 la mani\u00e8re du XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, cela ne peut que grincer, car bien que <em>r\u00e9 <\/em>di\u00e8se et <em>mi<\/em> b\u00e9mol se jouent sur une m\u00eame touche, ils ne s\u2019accordent pas de la m\u00eame fa\u00e7on. Le temp\u00e9rament le plus usuel, d\u00e9crit dans le <em><a href=\"https:\/\/imslp.org\/wiki\/Trait%C3%A9_de_l'accord_de_l'%C3%A9pinette_(Denis%2C_Jean)\">Trait\u00e9 d\u2019accord de l\u2019\u00e9pinette<\/a><\/em> de Jean Denis \u00e0 l\u2019\u00e9poque des pi\u00e8ces de Couperin, est un <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=fRshAJIPGko\">m\u00e9sotonique<\/a> que le compositeur, plut\u00f4t aventureux, a d\u00fb modifier pour pouvoir jouer de pareilles pi\u00e8ces. M\u00eame ainsi, les harmonies restent pleines de frottements et de grincements savoureux.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce sont les chaconnes et les passacailles qui font entendre les changements d\u2019affects les plus riches. Cela est d\u00fb \u00e0 la structure des pi\u00e8ces elles-m\u00eames, qui sont fond\u00e9es sur la r\u00e9p\u00e9tition, d\u2019une fa\u00e7on diff\u00e9rente pour les chaconnes \u00e0 refrain et dans les passacailles sur basse obstin\u00e9e. Le sempiternel retour de la structure harmonique ou du refrain implique de renouveler sans cesse les motifs, les figures, les rythmes, les sensations, pour que jamais l\u2019auditeur ne soit lass\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces pi\u00e8ces sont donc \u00e0 la fois obs\u00e9dantes et d\u2019une stup\u00e9fiante vari\u00e9t\u00e9. Elles tirent leur force d\u2019\u00e9l\u00e9ments qui, vus de loin, pourraient sembler insignifiants\u00a0: la <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=sY7wrqDhGpI\"><em>Chaconne<\/em> 57 <em>La Complaignante<\/em><\/a> en <em>r\u00e9<\/em> mineur tire ainsi son \u00e9nergie expressive d\u2019un ornement dans le grave de la main gauche qui dissone avec l\u2019accord de la main droite. \u00c0 chaque retour de ce \u00ab\u00a0refrain\u00a0\u00bb, la pi\u00e8ce accro\u00eet sa capacit\u00e9 \u00e0 toucher l\u2019auditeur. L\u2019effet est semblable avec les passacailles, qui comptent parmi les plus extraordinaires des pi\u00e8ces de Louis Couperin. La facture est diff\u00e9rente\u00a0: le compositeur ne fait pas revenir un \u00ab\u00a0refrain\u00a0\u00bb mais fait tourner en boucle une ligne d\u2019accords dont la basse est g\u00e9n\u00e9ralement descendante. La <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=X7epH8dekuM\"><em>Passacaille<\/em> 27<\/a>, dans l\u2019extr\u00eame grave du clavecin, a une allure folle gr\u00e2ce \u00e0 la noblesse de son \u00e9criture rythmique alli\u00e9e \u00e0 la richesse de son harmonie. Chacune des onze r\u00e9p\u00e9titions, fait croitre la tension et para\u00eet \u00e9largir l\u2019espace int\u00e9rieur de l\u2019auditeur.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-b47d5a30378af0b19097bc8bb7106820\" style=\"color:#194e63\">Pour citer ce texte : Constance Luzzati, <em>Le clavecin de Louis Couperin : un art libre<\/em>, Philharmonie de Paris, programme de salle pour l&rsquo;int\u00e9grale de Jean Rondeau, novembre 2025.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Louis Couperin claveciniste Aussi bon violiste qu\u2019organiste et claveciniste, Louis Couperin a compos\u00e9 pour les trois instruments, mais c\u2019est de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_uag_custom_page_level_css":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[8,238],"tags":[33,322,321,324],"class_list":["post-9973","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-musique-ancienne-et-religieuse","category-musique-instrumentale","tag-clavecin","tag-jean-rondeau","tag-louis-couperin","tag-tombeau"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v25.2 - 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